Vendredi 23 novembre 2012
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Un survival horror,ça fait peur (ben oui, c'est le but non?), ou tout du moins, c'est censé faire peur, grâce à l'ingéniosité des développeurs de ce type de jeu qui regorgent d'inventivité pour y
parvenir.
Pour ainsi dire tout a été testé. L'invasion de zombis, les fantômes japonais (ou tout court), les monstres et démons en tout genre, les dinosaures et j'en passe.
Coté personnages principaux, on peut également dire que les principaux archétypes ont été mis à contribution. Du soldat armé jusqu'aux dents (Resident Evil) à la jeune fille sans défense (Project
Zero), en passant par "Monsieur tout le monde" (Silent Hill).
Dans ce cas, comment réussir à être original et révolutionner le genre? Le jeu qui nous intéresse maintenant tient le pari et se nomme Lifeline, sorti en 2003 sur Playstation 2, uniquement au
Japon et aux US. En quoi est il si différent de ses concurrents? On va y revenir, mais pour l'instant, place au scénario (qui expliquera le parti pris du gameplay, cœur de l'originalité du titre
:
Dans un futur proche, en 2029 (comme dans Terminator), une fête dédiée à l'inauguration d'une station hôtelière orbitale de luxe se déroule à la veille de noël. Le jeune homme que l'on incarne y
participe. Quand soudain, alors que la soirée bat son plein, d'horribles monstres font leur apparition et se mettent à commettre un carnage, tuant et dévorant les invités. Notre héros est
sévèrement blessé et trouve refuge dans la salle de contrôle de la station spatiale. Sa vilaine blessure l’empêchant de se déplacer, il cherche à travers les ordinateurs et caméras de
surveillance, le moyen de se tirer d'affaire. C'est ainsi qu'il entre en contact avec Rio, une jeune serveuse qui a réussi à survivre. C'est le début d'une vitale coopération.
Et la voila, la grosse surprise de cet étrange Lifeline ! Vous ne jouez pas directement Rio aux prises avec cette grande station et les monstres qui la peuplent, mais bien votre personnage
principal bien à l'abri dans sa pièce donnant accès à toutes les caméras et systèmes de sécurité de la base. Votre principal accessoire en tant que joueur : le micro casque USB que certains ont
peut être déjà utilisé avec la série Socom. Rio est en effet capable de comprendre environ 500 mots et c'est en la guidant pas à pas que vous avancerez dans le jeu.
Comme dans un survival horror classique, le jeu offre des plans de caméra en pré-calculé. Rio doit être guidée à travers la base via des commandes vocales très simples. Il faudra lui demander
d'examiner tel ou tel objet dans une pièce (ex : un canapé, une table, des vestiaires etc...). Si vous avez un doute, via le plan, vous pouvez voir quels sont les objets et détails clés d'un
endroit auxquels vous pouvez faire s’intéresser Rio. Celle ci accuse ensuite réception de votre ordre via un feedback ("the table, ok !") et se déplace ensuite comme vous le feriez en temps
normal. L'exploration n'est pas tout. Comme vous vous en doutez, les combats seront monnaie courante dans cet endroit hostile. Pour les gérer, et bien c'est également votre voix qui sera mise à
contribution. Il vous faudra donner vos instructions à Rio de la même manière que pour ses déplacements. Quel monstre viser, quelle partie du corps, etc... le but étant d'être efficace.
Outre le combat et les déplacements, vous pourrez tout simplement faire la causette à votre alliée voire même lui apprendre de nouveaux mots et découvrir quelques "easter eggs" comme par exemple
lui demander d'aboyer comme un chien. Amusant, même si en tant que joueur vous comprendrez très vite que les discussions se résument en réalité à des mots clés reconnus par Rio, mais l'intention
est louable.
Au rayon des défauts, on pointera surtout la reconnaissance vocale plus que perfectible. Vous aurez (même pour les anglophones) parfois bien du mal à examiner une simple table ou ouvrir un
vulgaire locker. Ceci est bien dommage car au centre du gameplay et à l'origine d'une bonne idée. Cela s'explique sans doute par la grande variété et surtout opposition d'accents existant ne
serait ce qu'au japon (Tokyo/Kyoto) et aux US (Alabama/Illinois). Bref, les français auront également beaucoup de mal à se faire comprendre de Rio.
Il faut dire que les jeux vidéos à reconnaissance vocale sont toujours assez casse gueule, il faut voir Tom Clancy's Endwar, STR à base de reconnaissance vocale qui part d'une superbe idée mais
qui était souvent capricieux, le jeu vous comprenant parfois de travers voire pas du tout.
Autre regret : la quasi absence de musiques. Vous évoluerez la plupart du temps dans le silence le plus complet, sans même quelques bruitages pour vous stresser un peu.
Interessant, perfectible mais très attachant et original, Lifeline est un OVNI dans le paysage horrifique qui mérite néanmoins qu'on s'y interesse, du moins si vous avez la patience de dompter le
logiciel de reconnaissance vocale qui ne manquera pas de vous arracher quelques cheveux.
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