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Charlie Brewster. Ce nom vous évoque-t-il quelque chose ? Non ? Alors essayons un autre nom : Jerry Dandridge.
Je vois des « aaaaaaah » se défiler aux coins des bouches de lecteurs. Mais de qui parlons-nous exactement ?
De Charlie l’adolescent sans histoire qui regarde des émissions d’horreur présentées par un certain Peter Vincent ?
Ou de Charlie le jeune lycéen cool qui a renié son meilleur ami geek et qui zappe sur les shows de magie de l’illusionniste Peter Vincent ?
Aujourd’hui, nous allons traiter deux sujets : le célébrissime Vampire, vous avez dit Vampire ? Sorti en 1985 et son adaptation de 2011 qui a gardé le nom d’origine du film :
Fright Night (nuit d’horreur). Je ne vais pas simplement tomber dans la comparaison pure, voyez cela plutôt comme un double commentaire.
Commençons par le papa, voulez-vous ?
Sorti donc en 1985 et réalisé par Tom Holland. Le casting n’est pas bien mémorable à l’exception de Roddy McDowall, plus connu pour son rôle de Cornelius dans les différents épisodes de la
Planète des Singes et Chris Sarandon, aussi connu pour avoir prêté sa voix à Jack Skellington(l’étrange noël de M. Jack) ainsi que pour avoir campé, le Prince Humperdick de Princess Bride pour
ceux qui se rappellent de ce film d’aventure.
Charlie Brewster est ici un jeune brunet discret entouré de son ami Eddie et de sa petite amie Amy. Il vit chez sa mère dans un petit quartier paisible. Il regarde tous les soirs son émission
préférée : Nuits D’horreur, présentée par le célèbre chasseur de vampire Peter Vincent (aucun lien de parenté avec David Vincent). L’ordre des choses va être bouleversé lorsqu’emménage à
côté de chez Charlie : Jerry Dandridge, qu’il soupçonne alors d’être un vampire…
Si l’histoire n’a rien d’originale, le film non plus. L’époque veut que le film d’horreur soit composé de héros lycéens et qui n’ont jamais besoin de la police. De toute façon, quand un flic s’en
mêle, il prend d’abord le héros pour un fou. Puis, lorsqu’il admet enfin que le jeune n’était pas sous l’emprise de cannabis, il est temps pour lui d’y laisser sa vie. Les effets
spéciaux ne rattrapent pas le film, pas même pour l’époque. Les effets de flammes sont ratés et les marionnettes sont prodigieusement ridicules. Cependant, la véritable qualité de ce petit bijou
réside dans le visionnage. C’est assez difficile à expliquer mais je vais m’y risquer.
Le vampire inspire la crainte. Lorsqu’un vampire vous a pris en chasse, vous savez pertinemment que votre heure est venue. Néanmoins, vous vous accrochez idiotement à la vie et vous courez.
Charlie Brewster n’est pas de ceux-là. C’est un jeune héros typiquement américain qui ne recule devant rien pour faire mordre la poussière au vampire qui lui a piqué sa nana (oh, le
vilain !). C’est dans l’ensemble assez cliché : ce héros que personne ne prend au sérieux, l’émission de Peter Vincent résolument basée sur les émissions de série B des années 70/80,
les tenues vestimentaires… Mais c’est ça qu’on aime. Ce côté vieillot, l’envie de mettre un coup de pied aux fesses de Peter en lui disant à travers son écran : « mais ouvre un peu
les yeux, enfin !», la scène de la boite de nuit ou Jerry exerce son charme de vampire sur la belle Amy.
Les fans de vampires ne sont pas en reste : la mythologie est respectée à la lettre. Jerry Dandridge craint le soleil et les pieux. Il ne peut pénétrer une maison sans y avoir été invité au
préalable. Il peut adopter les quatre formes qui sont propres aux vampires : la chauve-souris, le loup, la brume et l’homme. Et il ne s’agit pas que de les énoncer, ce film nous propose de
voir ces quatre formes vampiriques ! Jerry dispose également d’un pouvoir d’hypnose et de celui de transformer à loisir ses victimes en l’un des siens. Il est d’une grande force et
d’une grande agilité et la croix peut-être une arme redoutable contre lui.
Fait-il peur ? Ma foi oui. Il ne vous scotche pas sur place mais on se rappelle que, fut un temps, les garçons choisissaient des films d’horreur pour draguer car ils étaient surs que les
filles se blottiraient contre eux. Vampire, vous avez dit Vampire ? est l’un de ces films. Le genre de film ou on crie après son écran car les héros sont trop nouilles pour se retourner au
moment opportun. Le genre de film ou on a envie que la fille soit sauvée, si inutile soit elle. Le genre de film qu’on aime avoir en VHS (si si, ça a existé !) ou DVD.
26 ans plus tard, Charley Brewster est jeune, cool, fun. Sa popularité, il ne la doit qu’au sacrifice de son amitié avec Ed, resté coincé dans l’univers geek qu’il s’était créé avec Charlie. A
côté de chez Charlie emménage Jerry ; un bellâtre sexy, ténébreux aux pectoraux bosselés à souhait. Ed supplie Charlie de croire que Jerry est un vampire mais ce dernier n’en croit rien. Les
choses dérapent pour Charlie lorsque son ancien ami ne donne plus signe de vie…
Craig Gillespie (aucun lien de parenté avec Dalhia Gillespie) se place derrière la caméra et décide d’adapter Vampire, vous avez dit Vampire ? pour le remettre au gout du jour. Il choisit
pour assurer les devants de la scène Anton Yelchin, déjà vu dans Terminator Renaissance, David Tennant autrefois Barty Croupton Jr dans Harry Potter et la Coupe de Feu, Christopher Mintz-Plasse
qui a laissé son costume de Red Mist (Kick Ass) au placard pour mieux traquer les vampires et, j’ai gardé le meilleur pour la fin, Colin Farell campant un Jerry Dandridge entièrement nouveau mais
qui semble avoir des liens de parenté avec son prédécesseur… peut-être l’air éternellement sadique et coquin de Colin…
Le film dans son ensemble ne se vante pas d’être le premier dans la course aux oscars. Il s’agit d’un teen-movie comme on en voit assez souvent depuis Scream. Et son originalité, il la doit aux
touches d’humour subtilement parsemées tout au long du film. Les clins d’œil sont nombreux, l’histoire originale est (plus ou moins) respectée et les personnages, bien que totalement différents
de leur modèle, s’ancrent très bien dans le Las Vegas de 2011. Ainsi Charlie est populaire et sort avec la plus belle fille du bahut, Peter Vincent est un magicien de show télévisé jeune et
arrogant, Jerry est un vampire malin qui a choisi de s’installer dans un quartier ou les gens travaillent la nuit, ce qui lui permet d’être assez tranquille lorsqu’il ramène une victime à son
domicile. Jerry a de nouveau qu’il conserve ses victimes dans des « garde-manger » au 1er étage de sa maison. L’histoire veut qu’au lieu d’être un vampire solitaire comme son
prédécesseur, il aspire à créer un clan. Cette nouvelle perspective est fort intéressante bien que peu exploitée dans le film. Il ne s’agit pas d’un film gore, voire même très éloigné du principe
d’Une Nuit en Enfer, mais pourtant, on aurait souhaité voir quelques vampires se ruer sur la ville du péché en pleine nuit, dévorant flambeurs et strip-teaseuses.
Je parlais de clins d’œil. Sans les énumérer tous je ne citerai que le gros plan de Jerry croquant avidement une pomme, le sourire démoniaque au coin des lèvres et la scène de la boite de nuit,
beaucoup mieux mise en scène et plus cohérente que celle qu’on pouvait voir dans Vampire, vous avez dit Vampire ?
Cette fois-ci, Jerry a perdu de sa superbe. Malgré le physique enjôleur de Colin Farell, il n’a pour lui que sa grande force et son agilité. Il ne semble pas pouvoir se transformer non plus.
Dommage !
Les effets spéciaux ne sont pas ceux de Transformers mais ils ne sont pas pour autant mauvais. Quelques fois cela vous parait un peu gros, très « images de synthèse », mais dans
l’ensemble, ce n’est pas mal du tout. Du sang, du sang, encore du sang… pourtant le film n’est pas gore. C’est un film de vampires, c’est tout !
J’aimerais pouvoir dire qu’il fait peur mais ce serait mentir. Le film n’a pas de suspense, on ne craint pas Jerry car il n’habite pas dans une lugubre demeure (vous avez déjà vu le Manoir Hanté
de Disneyland ? C’est Jerry qui a prêté sa maison pour les besoins du parc !). Par ailleurs, il ne fait pas preuve d’autant de vice que Chris Sarandon, jouant au petit malin avec
Charlie, en se faisant inviter chez lui, en traquant ses amis ou simplement par un sourire près de la fenêtre.
Le Jerry de 2011 a-t-il une sœur à l’instar de Jerry Dandridge ? Seul l’avenir le dira. Ce qui est sûr, c’est que comme l’a dit un de mes vampires préférés :
« Il faut avoir la foi pour que ça marche !»
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